Lapin - Appareil locomoteur
Les infos santé chez le lapin

Les fiches infos santé liées au système locomoteur du lapin

Causes générales

Une inflammation et une infection de la face plantaire des pattes, appelée pododermatite, peut être responsable de boiterie, en particulier chez le lapin et le cobaye.

En effet, les lapins ne possèdent pas de coussinet, ce qui les rend plus fragiles. Ainsi, tout surpoids, tout sol inadapté trop dur, une litière humide d’urine provoqueront plus facilement une irritation des pattes, de même qu’un aplomb anormal. Cette maladie est favorisée par les carences en vitamine C chez le cobaye.

Une paralysie ou une parésie peut être la conséquence de fractures ou d’une maladie neurologique. Une fracture ou une luxation vertébrale suite à un traumatisme seront la cause d’une paralysie postérieure d’apparition soudaine. Une fracture de membre sera responsable d’une boiterie. Chez le lapin, les fractures du bassin sont relativement fréquentes lorsqu’il rue suite à la panique, d’où l’importance de soutenir le bas du dos lors des manipulations. Chez le rat âgé, une dégénérescence des racines nerveuses (radiculoneuropathie) peut apparaître et causer une parésie postérieure progressive.

  Pododermatite sur la patte arrière d’un lapin

Les boiteries ou autres difficultés de déplacement peuvent faire suite à une inflammation des articulations et des os (arthrite, en particulier sur la colonne vertébrale, où elle est appelée spondylarthrite), une dégénérescence du cartilage avec une prolifération osseuse dans les articulations (arthrose).

Les causes de déficits locomoteurs peuvent également être une faiblesse généralisée liée à une intoxication, une insuffisance cardiaque, des carences alimentaires (vitamine A, hypokaliémie, vitamine E).

Signes cliniques

Une consultation pour une boiterie ou une réduction des déplacements devra mener à une inspection de la face plantaire des pattes, qui sera partiellement dépourvu de poils, avec une peau rouge et parfois suintante, ceci pouvant aller jusqu’à ulcération. L’animal peut être prostré lors de douleur liée à une fracture, et présenter une perte d’appétit. Certains animaux peuvent être présentés pour une paralysie des postérieurs ou une perte partielle des capacités motrices sur les membres arrières, appelée parésie. Ces symptômes peuvent apparaître de manière progressive ou au contraire très soudaine, ce qui oriente les hypothèses diagnostiques.

Diagnostic

La radiographie permet une bonne visualisation osseuse et permettra le diagnostic des fractures de membre, de spondylarthrose.

Un scanner permet d’évaluer précisément la colonne vertébrale et les dégâts possibles sur la moelle épinière lors de fractures ou de luxation vertébrale. L’IRM permet également une visualisation de l’encéphale et des nerfs lors d’une suspicion de maladie neuromusculaire. Ces deux examens donnent de multiples vues en coupe de la région à explorer et permettent une reconstitution 3D qui peut être indispensable avant d’envisager une intervention chirurgicale.

L’échocardiographie permet d’évaluer la fonction cardiaque et son anatomie plus précise lorsqu’une insuffisance cardiaque est suspectée d’être responsable de faiblesse généralisée. En effet, on pourra y mesurer l’épaisseur des parois, évaluer une possible dilatation des oreillettes ou des ventricules. La fonction Doppler permet de mesurer la vitesse du flux sanguin entre les différentes cavités du cœur et de préciser l’efficacité du travail cardiaque.

  Fracture de la patte d’un lapin (tibia)

Traitement

Il consiste en l’administration d’anti-inflammatoires associés ou non aux opioïdes (anti-douleurs) lorsque l’animal souffre d’une fracture ou d’une pododermatite. Le traitement peut être uniquement médical par administration d’antibiotique, par des soins de plaie et des pansements soulageant l’appui sur la zone inflammée lors de pododermatite. Il est possible également d’utiliser une thérapie par laser froid qui permet une rémission rapide. Le traitement sera chirurgical lors de fracture. Une complémentation nutritionnelle sera nécessaire lors de carences en vitamine.   

Certaines maladies de l’appareil locomoteur n’ont pas de traitement spécifique, auquel cas la gestion médicale impliquera des antidouleurs, des complémentations nutritionnelles, et un soutien de la fonction digestive.

Complication

La complication la plus fréquente à surveiller dans l’ensemble des maladies locomotrices est l’arrêt du transit, en particulier chez le lapin et le cobaye. En effet, l’anorexie liée à la douleur ralentit le fonctionnement du tube digestif, et les déplacements jouent un rôle important dans le transit de ces animaux. Ainsi toute diminution du transit peut donner lieu à une situation d’urgence lors d’arrêt de production de selles.

Lors de fracture (en particulier les fractures ouvertes), il est possible d’observer des infections de l’os appelées ostéomyélites, qui compromettent la cicatrisation osseuse et  nécessitent un traitement antibiotique long et parfois un traitement chirurgical par exemple un Tie-in. Lors de défaut de cicatrisation osseuse, une greffe peut être nécessaire.  

Une incontinence urinaire et fécale peut faire suite à des fractures du bassin, ce qui compromet la survie de l’animal.

 

Points importants

Les os des petits mammifères sont plus fragiles

Les fractures sont très fréquentes

Les fractures nécessitent fréquemment une chirurgie

Les pododermatites sont fréquentes chez le lapin et le cobaye

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