Chirurgie de l'oeil chez le lapin

Chirurgie de l'oeil chez le lapin

      

Par Minh Huynh, vétérinaire au CHV Frégis
Service des Nouveaux Animaux de Compagnie

Plusieurs affections peuvent justifier d’une intervention chirurgicale sur les yeux. Lorsque l’œil est toujours fonctionnel, le principal risque d’une chirurgie est la perforation de la cornée. Lorsqu’il n’est plus fonctionnel, hormis le risque infectieux, il n’y a pas d’autres complications.

Les atteintes oculaires sont très diverses chez les petits mammifères herbivores. Certaines d’entre elles sont primitives (ulcère, uvéite, glaucome, cataracte…) et d’autres sont secondaires à une atteinte systémique atteintes (exophtalmies secondaires à un abcès rétrobulbaire où à une hypertension veineuse, kératite d’exposition…) pouvant avoir des répercussions sur l’état général. Le bilan anesthésique est donc à adapter en fonction. Dans le cas particuliers des exophtalmies secondaires à des abcès (dentaires ou non), la réalisation d’un scanner ou d’un IRM est conseillée. Outre le bilan lésionnel, cela permet d’orienter le chirurgien vers une énucléation ou la conservation de l’œil.

En fonction de l’affection, différente techniques sont à la disposition du chirurgien. Lorsque l’œil est sain et fonctionnel, les techniques visent avant tout à conserver son intégrité. S’il est abimé au point de ne plus permettre à l’animal de voir, une énucléation peut être envisagée.

Lors de kératites ou d’ulcères cornéens une intervention au niveau de la cornée peut être envisagée pour relancer la cicatrisation. La lésion doit être saine, un traitement antibiotique est donc mis en place au préalable. Afin de protéger les lésions cornéennes, il est possible de procéder à la fermeture forcée des paupières en les suturant (blépharoraphie). Lors d’une cataracte acquise, le retrait du cristallin abimé peut permettre à l’animal de recouvrer la vue si l’intervention est réalisée à temps.

  Chirurgie de cataracte chez un lapin

Un examen ophtalmique permet au préalable de juger si la rétine est toujours fonctionnelle. Lorsque ce n’est pas le cas, le cristallin est laissé en place. Le glaucome est en général une atteinte congénitale chez le lapin. Le seul traitement efficace actuellement est le retrait de l’œil touché. Un abcès rétrobulbaire peut être drainé par la cavité orbitaire lorsque l’on procède à une énucléation ou par la cavité buccale lorsque cela est possible. Cette dernière méthode permet de conserver l’œil lorsqu’il est encore sain. Dans le cas particulier des exophtalmies bilatérales, il faut penser à une hypertension veineuse secondaire à la présence d’une masse médiastinale (généralement un thymome). Après le retrait de la masse, les yeux reviennent en position normale dans leurs orbites.

Après une chirurgie de l’œil, certaines précautions doivent être prises en vue de protéger le site opératoire. Ainsi, les litières végétales doivent être supprimées jusqu’à la guérison de l’animal afin d’éviter les irritations oculaires. Durant toute la période postopératoire, l’animal peut vivre sur du journal ou des serviettes. De plus, les yeux doivent être régulièrement humidifiés et protégés à l’aide de sérum physiologique ou de gel oculaire en plus des traitements médicaux déjà mis en place. Parmi les complications on compte les infections et les perforations de l’œil. Tant que l’œil reste sain et non douloureux, même s’il est aveugle il peut être laissé en place. Dans le cas contraire une énucléation est nécessaire.

 

Points importants

Les glaucomes sont rares chez le lapin mais les abcès rétrobulbaires sont fréquents

La chirurgie de cataracte est réalisable chez le lapin

Les ulcères chroniques peuvent bénéficier d’une chirurgie pour compléter leur cicatrisation

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