Chirurgie digestive chez le lapin

Cystotomie chez le lapin

      

Par Minh Huynh, vétérinaire au CHV Frégis
Service des Nouveaux Animaux de Compagnie

La chirurgie digestive est une intervention particulièrement dangereuse chez les petits mammifères herbivores. Les chances de survie postopératoire sont relativement faibles. La décision chirurgicale n’est donc prise que lorsqu’aucune autre option n’est possible. C’est notamment le cas lors d’une obstruction intestinale.

Lors d’une obstruction intestinale, l’animal est le plus souvent reçu en état de choc. Un bilan biochimique sanguin complet doit être réalisé afin de s’assurer de l’état de fonctionnement de certains organes comme les reins. Par ailleurs, la glycémie est un facteur décisionnel, qui lors d’un arrêt de transit, permet d’orienter le clinicien vers un traitement médical ou vers la chirurgie. Une échographie abdominale est nécessaire afin de localiser la ou les lésions (corps étranger, masse obstruant la lumière intestinale, abcès, adhérences…).

La gastrotomie (ouverture de l’estomac) est préférable l’entérotomie (ouverture de l’intestin) puisqu’elle est mieux supportée. Ainsi, lorsque cela est possible, le corps étranger est repoussé manuellement jusque dans l’estomac d’où il sera retiré.

L’incision abdominale est volontairement large permettant ainsi une exploration de l’intégralité du tube digestif. Lorsque le corps obstructif est repéré il est soit repoussé vers l’estomac soit laissé en place s’il est adhérent à la paroi intestinale. L’incision du tube digestif est réalisée sur une portion saine afin de garantir une meilleure cicatrisation de la paroi. Le corps étranger est retiré et une suture étanche est réalisée. Enfin la paroi musculaire et la peau sont suturées séparément.

Les complications d’une chirurgie du tube digestif sont nombreuses et sont souvent fatales à l’animal. La plus fréquente est un iléus digestif généralisé suite à la manipulation du tube digestif pendant l’intervention. Des ralentissements du transit peuvent être observés longtemps après l’intervention et découlent souvent de la formation d’adhérences entre les anses intestinales secondaires à la chirurgie. Des fuites de contenu digestif dans la cavité abdominale sont possible lorsque la cicatrisation est mauvaise et que le suture devient perméable. Cette situation évolue rapidement vers une péritonite. La cicatrisation d’une incision sur le tube digestif, notamment sur les intestins, peut être à l’origine d’une striction du tube digestif gênant ou bloquant le transit. Toutes ces complications sont moins fréquentes lorsqu’on procède à une gastrotomie plutôt qu’à une entérotomie.

Même lorsque le traitement chirurgical est précoce le pronostic reste réservé à sombre. En effet, la mortalité peropératoire ou dans les 48 heures après la chirurgie des suites d’une péritonite, d’une endotoxémie ou d’une insuffisance rénale aiguë est élevée.

Pour toute information supplémentaire ou pour contacter un vétérinaire spécialiste,

cliquez ici.
CNIL | Informations Légales | Contacts | Plan du site | Offres d'emploi | © Centre Hospitalier Vétérinaire Fregis